En vadrouille autour de La Paz

bo La Paz, Bolivia - 23 Aug 2011 - 11 comments

En arrivant à La Paz, je me suis retrouvé voisin avec le couple de Français que je croise régulièrement depuis l'Équateur. Du coup, à peine arrivé, je me suis retrouvé à visiter et faire des choses en dehors de La Paz, plutôt que de visiter la ville :) Au programme: Tiwanaku, un site archéologique pré-inca; l'incontournable "route de la mort" à descendre en vélo; et puis la fameuse Valle de la Luna.

Tiwanaku

Tiwanaku est situé à environ 80kms de La Paz. C'est un ensemble de ruines, réputé être "un des plus grands sites archéologiques pré-incas d'Amérique du Sud". Et bhé, ça promet! Pour commencer, il faut s'y rendre, au site. Ce qui implique environ 2h de voyage dans un minivan format bolivien. J'ai bien fait de choisir la banquette tout à l'arrière, comme ça il y a encore moins d'air que d'espace pour les jambes. Heureusement, en me faisant un torticolis j'arrive quand même à regarder par la fenêtre pour profiter de la vue sur l'altiplano...

Une fois arrivé sur le site, il faut s'acquitter du billet d'entrée, soit environ 8€. Alors oui c'est pas grand chose, mais ça représente quand même 1/10 du salaire moyen en Bolivie. Donc c'est quand même pas rien. Donc on est tout frétillants, on a les jambes qui tremblent, des étoiles dans les yeux, wouhou ça va être trop bien.

Et bien non.

Jusqu'à maintenant, je n'ai pas fait de visite plus lamentable que Tiwanaku (mais heureusement, j'ai encore pas mal de choses à visiter, ce n'est que partie remise). Les bouquins et les archéologues disent qu'on ne sait pas grand chose du site, à part que c'était sûrement la capitale d'une civilisation et probablement un centre de cérémonie aussi. Ça se ressent bien quand on visite l'endroit: alors ben ça c'est une grosse pierre, et ça c'est une statue avec des dessins. Et puis il y a sûrement des tas de trucs cachés sous terre mais on a pas encore eu le temps de faire les excavations alors bon en attendant vous pouvez admirer les brouettes et les ouvriers qui ont l'air de bien se marrer en regardant passer les touristes.

   

Le clou de la visite est incontestablement l'un des deux musées, qui présente monumentalement UNE statue dans UNE pièce. J'ai dit qu'il y avait deux musées - dans l'autre il y a des morceaux de vases cassés et des os de lamas. Pas de photos s'il vous plait, un garde veille au grain (enfin presque, la preuve j'en ai une - ratée certes, mais une quand même).

Bon, et puis ensuite on est rentrés à La Paz en supportant tant bien que mal l'Argentin du minivan qui portait des "lunettes de soleil à la Richard Virenque", et on a mangé une, puis deux super bonnes pizzas en buvant du vin dans un resto italien juste en bas dans la rue. Et ça, ça fait bien plaisir.

El Camino de la Muerte

Une autre attraction populaire pour les touristes est de descendre la "route la plus dangereuse du monde". Elle a été surnommée ainsi parce qu'elle descend plus de 3500m de dénivelé alors qu'elle ne fait que 2m de large, et qu'elle est seulement recouverte de cailloux (et de boue pendant la saison humide). De nombreux accidents ont eu lieu faisant de non moins nombreux morts, jusqu'à ce que les autorités décident de la fermer au trafic routier pour en faire une attraction touristique il y a environ 15 ans. Ça reste quand même dangereux, donc on a pris une agence qui avait l'air respectable, et qui fournit plein de protections, un bon casque, et des vélos avec des freins hydrauliques.

   

La route - 62 kms en tout - comporte deux sections: une première partie goudronnée d'une vingtaine de kilomètres qui serpente dans la montagne, et la deuxième partie, "le chemin de la mort" à proprement parler, avec cailloux et précipices de 600m juste au bord de la route. C'est impressionnant mais ça n'a rien d'exceptionnel non plus - en y réfléchissant après coup j'ai fait un truc similaire aux Galapagos, mais sans guide... Ceci dit, les paysages étaient sympathiques et on pouvait voir que la végétation aride en altitude laissait place à la jungle au fur et à mesure de la descente.

   

Une fois qu'on a descendu la route, et bien il a fallu la remonter en camionnette pour rentrer à La Paz. 90kms, 3h30 de trajet... L'occasion pour le guide de nous donner quelques statistiques: depuis 15 ans que la route est ouverte aux touristes, il y a eu 33 morts, pour plus de la moitié des Israéliens - qui ont la fâcheuse habitude en vacances de se croire meilleurs que tout le monde et de n'en faire qu'à leur tête... Dans cette situation, ça se traduit généralement par "descendre la route en prenant des vidéos en même temps", et ça se finit dans le ravin. On a que ce qu'on mérite.

Le dernier accident a eu lieu il y a environ un mois: une Japonaise est arrivée trop vite dans un virage et a fait une chute de 300m - ils ont mis 7h pour la remonter. Comme explique le guide, si la chute ne te tue pas, le temps qu'on te remonte ça n'arrange pas les choses. Et puis on est en Bolivie, alors si tu es toujours vivant il faut en plus qu'il reste de l'essence dans l'ambulance pour qu'elle vienne te chercher.

Bien. Pendant ce temps là, le brouillard est tombé et on se demande comment le chauffeur distingue la route - probablement le pouvoir de la coca, dont il a mâché un plein sachet depuis qu'on est partis. Finalement, le trajet en camionnette aura presque été plus impressionnant que la descente en vélo ;-)

NDLR: ce sont les guides qui ont pris la plupart des photos, vu que je voulais pas tomber dans le ravin :]

Valle de la Luna

Une grande partie des montagnes entourant La Paz est constituée d'argile. Dans la vallée de la Lune, à une dizaine de kilomètres du centre, l'érosion et les éléments ont transformé la montagne en une sorte de désert avec plein de stalagmites. J'y suis allé en minibus local, ce qui m'a aussi permis de traverser les quartiers sud de la capitale, où la plupart des gens riches habitent. Contraste saisissant - beaucoup de maisons sont des villas très chic et bien protégées. Le lieu en lui même est assez rapide à visiter, mais la vue est plutôt inhabituelle et c'est très tranquille comparé à l'agitation de la ville.

   

Mieux vaut l'illusion de l'instant
Que celle de toute une vie (Anis)