The Mother Road

us Barstow, United States - 22 May 2012 - 3 comments

We were somewhere around Barstow, on the edge of the desert... when the drugs began to take hold. Encore une citation d'un de mes films préférés.

Je me sens comme Johnny Depp au volant de sa décapotable rouge, qui roule au soleil les cheveux au vent. Sauf que ma voiture est bleue nuit, pas décapotable, et que j'ai pas de drogue. Et que je suis pas Johnny Depp non plus, mais c'est pas le plus important.

  

Je fais une petite visite à la ville-fantôme-pour-touristes de Calico. Le petit train de la mine, le saloon, la boutique du barbier et le maréchal-ferrant. Tout est là mais ça sonne quand même faux - ça relève plus du Disneyland que d'autre chose. Enfin, c'est pas comme si j'avais fait un détour sur le parking pour pas payer l'entrée. Hin hin.

  

Enfin voilà - c'est le désert, encore et toujours. Des grandes lignes droites au milieu de rien, du sable et des cailloux à perte de vue. Une ligne de chemin de fer avec un train interminable qui fait "tuuuuuuuuuuuuuut" en roulant à 40 à l'heure. Des fausses attractions touristiques (le Bagdad Café, haha). Des villes fantômes authentiques, avec des voitures qui rouillent, des motels abandonnés et des panneaux qui font mwik mwik dans le vent. Et de temps en temps, une ville - enfin, un embryon de ville. Un McDo, toujours, et des fois un KFC. Ou un Burger King. Ou un Wendy's. Un garage aussi, et des fois même un feu rouge.

Pas grand chose, quoi. À part la chaleur.

  

  

Mais quand on se rapproche de la côte, les choses changent. Les montagnes reviennent, et plus on avance plus elles verdissent. À un moment on passe le col des montagnes de San Bernardino et ça y est. On laisse l'enfer du désert derrière soi et on se laisse glisser dans des descentes sans fin. Watch downhill speed, qu'ils disent les panneaux - forcément. Tout au bout là-bas, la mer, le Pacifique.

Mais avant, il faut traverser la zone urbaine de Los Angeles. Au fur et à mesure, les voitures accélérent. Je navigue dans un dédale d'avenues et de banlieues résidentielles, pour essayer de rester sur le trajet original de la route 66... Jusqu'à ce que je me rende compte que ça n'a plus vraiment d'intérêt vu que tout a été reconstruit entre temps. Hop, j'oblique, je m'oriente à l'instinct et je me retrouve de nouveau sur le freeway.

Comme il y a 3 semaines, sauf que maintenant je connais le terrain. Je me faufile dans le trafic à bonne allure - les yeux fixés sur le soleil couchant. J'enchaîne les autoroutes et les échangeurs comme un vrai local, 210, 605, 10, 110 et de nouveau 10... jusqu'à Santa Monica, au bord de la plage - là où la 66 se termine pour de vrai. Le soleil est couché maintenant, mais c'est pas grave... je vais me tremper les pieds dans le Pacifique.

Pour ceux qui ont fait le voyage avant moi - les Okies qui fuyaient le Dust Bowl, et tous ceux qui espéraient trouver une vie meilleure sur la côte Ouest; c'est la fin du voyage. La Californie, terre promise... Moi, je suis simplement revenu à mon point de départ, et c'est la fin du grand tour. D'après mes calculs, ça fait un peu plus de 7000 kilomètres (quand même), une demi-tonne d'essence (c'est pas bon pour la planète), 3 nuits passées à l'hôtel (seulement), plein de bons moments avec des gens plutôt sympa, et quelques galères pour faire passer le tout. Chouette cocktail...

Je n'ai pas l'intention d'en rester là. Les pieds dans l'eau, je regarde toujours plus à l'Ouest. Dans quelques jours, je m'envole par là-bas. Je pars traverser le Pacifique...

-- L'aventure continue, et continuera... Inch'Allah, qui vivra verra (Sniper)