Après m’être bien reposé au bord du lac Titicaca, il est temps de rejoindre La Paz, capitale “officieuse” de la Bolivie, qui, à 3650m d’altitude, est la capitale la plus haute du monde.
Il y a de nombreuses mises en garde contre les bus locaux qui font ce trajet: il semblerait que les accidents soient nombreux et les chauffeurs plutôt agressifs au volant. J’ai donc opté pour une compagnie relativement renommée, et le bus est rempli à presque 80% de touristes.
Après une bonne heure de trajet, il faut traverser le détroit de Tiquina, qui
sépare le lac Titicaca en deux parties, le lac majeur (au nord) et le lac
mineur (au sud, donc). Tout le monde descend du bus, qui traverse sur une
barge à la sécurité toute relative, pendant que les passagers prennent eux un
bateau à la sécurité… plus que relative aussi (des gilets de sauvetage? qué
gilets de sauvetage, amigo?).
Tout se passe très bien, et hop, on remonte dans le bus. La route suit le lac
et c’est plutôt joli. Une heure plus tard, le bus ralentit, s’arrête presque,
et oblique sur le bas-côté. Tiens donc, il semblerait que plusieurs centaines
de personnes aient décidé de bloquer la route pour chanter et danser, avec
force costumes colorés. Ma foi, c’est fort sympathique, mais comment qu’on
fait pour aller à La Paz, du coup? Et bien, en Bolivie, il n’est pas de
problème routier sans solution: le bus redémarre, et coupe tout simplement à
travers champs. Oh, comme c’est pittoresque.
Seulement voilà, un bus c’est moyennement adapté à la conduite tout-terrain,
et celui qui roule devant nous est bloqué dans une grosse ornière. Pas de
problème sans solution, je disais: contournons la difficulté, le talus juste à
côté semble tellement praticable. Marche avant, marche arrière, on est de plus
en plus en dévers… Et comme on est loin d’être les seuls dans le chemin et
que tout le monde essaye de se trouver un passage, on a vite l’impression
d’être au milieu d’un terrain de cross. Et finalement, au bout de quelques
minutes interminables (est-ce que si on se renverse j’utilise la grosse
américaine comme airbag ou je tente de sortir par la fenêtre?) on s’extirpe de
la difficulté, et on reprend la route comme si de rien n’était.
Au fur et à mesure que l’on s’éloigne du lac, je découvre pour de vrai les paysages interminables de l’altiplano. Très joli quoiqu’un peu monotone, tout de même… En revanche, l’arrivée à La Paz est vraiment impressionnante: située au fond de la vallée, la ville se découvre tout à coup au détour d’un virage (dans lequel le camion devant nous explosera un pneu et se mettra en travers de la route au milieu d’un torrent de klaxons, ce qui donne un petit côté dramatique à l’affaire).
En arrivant à la gare routière, je constate avec étonnement que la compagnie a
tenu l’horaire: 3h30 de voyage, tout pile. C’est sûrement pour ça qu’il y a
des gens qui font de la musique et qui dansent au milieu du rond point, juste
à côté. Maintenant, plus de doute possible: je suis bien en Bolivie!