Le Machu Picchu est un symbole de la civilisation inca, situé dans la “vallée sacrée”, et est souvent considéré comme un incontournable du Pérou, voire de l’Amérique du Sud.
Alors c’est parti pour la visite…
Pour accéder au site, il y a plusieurs possibilités: soit faire un trek de 4 à
6 jours (le fameux ‘Inca trail’); soit prendre de nombreux bus puis marcher le
long de la voie de chemin de fer; soit prendre le train depuis Cuzco ou un des
villages de la vallée sacrée. J’ai choisi la dernière option, parce qu’en plus
ça change un peu de faire un voyage en train. En plus c’est un chouette train
avec une cloche qui fait tchou-tchou et ding-ding tout le temps.
La ville qui sert de point d’accès au Machu Picchu est Aguas Calientes. Ça va peut être en surprendre certains, mais personnellement j’ai bien aimé l’endroit. On y est pour aller au Machu Picchu, c’est assez moche, il n’y a absolument rien à y faire, mais au moins on sait à quoi s’attendre: c’est ultra-touristique, pas d’hypocrisie ou de faux semblant, contrairement à ce que j’ai ressenti à peu près partout ailleurs au Pérou.
Je me suis couché très tôt la veille car j’ai l’intention de monter au site à pied. J’aurais pu prendre un bus, mais de mon point de vue, le Machu Picchu ça se mérite. Et ça me donne une chance de rentrer parmi les premiers et de profiter de la vue sans touristes ou presque. Je suis donc réveillé à 3h30, et je pars de l’hôtel vers 4h. La première partie est simple: il suffit de suivre la route jusqu’à un pont. Lorsque j’arrive au fameux pont, il y a déjà une bonne cinquantaine de personnes qui attendent, et le pont en question est fermé par une barrière. Haha. Vers 4h50, les guardes lâchent les fauves sur le fameux sentier qui monte jusqu’à l’entrée du site. Ça revient à monter 500m de dénivelé sur un escalier avec des marches de 50cm, dans le noir. Certains sont partis comme des fous devant, mais j’y vais à mon rythme - qui ne doit pas être si mauvais puisque je double un bon paquet d’agonisants en chemin, et j’arrive en haut une grosse demi-heure après (petite fierté sur ce coup là). Je sais pas si c’est le canyon de Colca qui m’a mis en jambes, mais quand je suis arrivé à l’entrée il devait y avoir une dizaine de personnes à faire la queue.
Alors quand le site ouvre à 6h précises, c’est un vrai bonheur: le Machu Picchu me saute à la figure, et c’est encore plus impressionnant que dans les livres. Je me promène dans le site quasi-désert (mais qui se remplira vite) et je tape la discute avec les lamas.
Je ne vous fais pas le détail de ce qu’il y a à l’intérieur parce qu’il y a des livres à ce sujet qui en savent beaucoup plus que moi. Et puis finalement, je crois que ce n’est pas forcément le plus intéressant - on peut sûrement visiter le Machu Picchu en examinant tous les petits détails, mais moi j’ai préféré vagabonder et me laisser impressionner par l’endroit. Petit moment magique quand le soleil perce derrière les montagnes et illumine petit à petit les terrasses agricoles, puis la pierre solaire qui annonçait les saisons…
Vers 8h ça commence à bouchonner dans les allées donc je m’éclipse pour attaquer la deuxième partie de mon plan machiavélique: monter la montagne Machu Picchu en elle même. Il faut savoir que le site est (en gros) situé entre deux montagnes: le Cerro Machu Picchu et le Huayna Picchu. Il est très recommandé de grimper le Huayna Picchu, mais on m’avait dit que le Cerro est bien voire mieux parce qu’il est plus haut et offre des vues sur toute la vallée pendant la montée.
Bref, je me trompe de route et je me retrouve au “Pont Inca”, qui est en tout
et pour tout quelques planches de bois posées au dessus d’un précipice
vertigineux (il est maintenant fermé au public parce qu’un touriste en est
tombé et s’est tué il y a quelques années). Je fais demi-tour et me retrouve
au point de contrôle du Cerro Machu Picchu, où un brave homme m’informe qu’il
faut avoir un billet spécial pour monter tout en haut. La déception a du se
lire dans mes yeux (ou alors je dois être bon comédien), et à force de
pourparlers je finis par avoir le droit à une “exception”. Il se trouve que
beaucoup de gens que je croiserai en chemin sont dans la même situation que
moi - merci le gouvernement péruvien et son nouveau système de tickets du
Machu Picchu complètement imbitable.
C’est reparti pour une bonne montée (environ 700 mètres), avec encore ces saloperies de marches super hautes. Cette fois-ci je mettrai une grosse heure
- ce qui est tout à fait honorable sachant que les guides indiquent 1h30 à 2h (re-fierté, avec toutes ces marches j’ai forcément les chevilles qui enflent). Sur le chemin la vue est vraiment magnifique, que ce soit sur la vallée et le Rio Urubamba qui serpente en bas, les pics enneigés alentour, et le Machu Picchu qui apparaît régulièrement à chaque virage… Excellent moment (quoiqu’un peu fatigant quand même).
Et puis je redescends, je me laisse porter par les groupes en écoutant distraitement les guides histoire d’en apprendre un peu plus, d’écouter les anecdotes, et de passer de l’amusement à l’effarement en écoutant les commentaires des touristes français qui visitent le “mashüpishü”…
En début d’après midi, je reprends la route d’Aguas Calientes, encore à pied, pour aller me prendre une bonne bière fraîche en regardant passer les trains en ville. Je suis content d’avoir “fait” le Machu Picchu - c’est effectivement un endroit unique. Aller au Pérou sans le visiter, finalement c’est un peu comme aller à Paris sans prendre la ligne 13 aux heures de pointe: on rate la partie la plus authentique. Maintenant, c’en est fini avec le Pérou - demain je prends la route de la Bolivie!
Regarde-le, mon monde
Regarde-le, et dis moi
Est-ce qu’on est mieux, là-haut? (Java)