Je passe la frontière paraguayenne sans problèmes ou presque - petit moment d’inquiétude quand le douanier a gardé mon passeport en me promettant de me le rendre dans le bus.
C’est pas que j’ai pas confiance, mais c’est le genre de choses que je préfère quand même garder sur moi…
Mais au bout de quelques dizaines de minutes d’attente, on m’a rendu mon passeport. Dès la frontière franchie, j’ai l’impression de me retrouver de nouveau en Amérique du Sud: la route est défoncée, il y a des charrettes à cheval sur l’autoroute et des tas de maisons en tôle toutes pourries de chaque côté. À la gare de bus, c’est la bonne vieille anarchie - les bus n’ont pas beaucoup d’indications et il faut monter dedans pour demander au chauffeur où ils vont. Ça fait plaisir! Ce qui fait moins plaisir c’est que le gérant de mon hôtel est un espèce de psychopathe conservateur rétrograde qui a passé son temps à discourir sur l’importance de la famille et de la “valeur vie” (c’est un pro-life convaincu), et que la société occidentale est sur le déclin, et blablabla. Je fais court mais ce fut quelque peu saoulant à la longue.
La région d’Asuncion est celle qui est peuplée depuis le plus longtemps en Amérique du Sud - c’est pour cette raison qu’elle est surnommée “la Mère des villes”. Avec près de 2 millions d’habitants c’est une vraie grande ville tentaculaire qui héberge environ 30% de la population du pays - je mettrai plus d’une heure pour aller de la gare de bus à mon hôtel situé à l’autre bout (en faisant quelques détours, il faut reconnaître…). Ceci dit, derrière les grandes avenues sillonnées par les bus qui puent, il y a plein de petites rues tranquilles.
Il y a aussi pas mal de jolis bâtiments, qui sont perdus au milieu de grands immeubles style années 70. J’ai bien aimé la Casa de Gobierno, toute rose et joliment éclairée la nuit. Il y a pas si longtemps que ça, le Paraguay était une dictature et prendre ce bâtiment en photo ou traîner trop longtemps dans les environs pouvait susciter des problèmes… Il y a aussi le palais présidentiel, qui à mes yeux a une vraie allure de palais de dictateur africain: d’un blanc immaculé, avec des colonnades, il donne sur le fleuve et il y a une belle piste d’hélicoptère juste devant. De nos jours les choses ont changé: le pays est une vraie république démocratique, corrompue comme il se doit.
Je suis aussi allé me promener au Cerro Lambaré, une petite montagne qui permet de voir la ville d’un peu plus haut. C’est frappant de voir à quel point la ville est très verte, et aussi très étendue. Et comme je sais que certains s’inquiètent, la bière ici est tout à fait correcte, en plus d’être pas chère du tout :)